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Prévenir la récidive et gérer la vie carcérale

Tel est le thème du rapport publié et présenté aujourd’hui par la Cour des comptes qui s’est penchée sur l’un des aspects du service public pénitentiaire.

La Cour des comptes fait le point dans son rapport (qui est très documenté) sur les facteurs d’évolution de la politique pénitentiaire depuis 2006 puis sur l’efficacité de la politique de prévention de la récidive.

La Cour relève que l’administration pénitentiaire a effectué beaucoup de progrès depuis quelques années mais que leur impact est amenuisé par le nombre croissant de détenus même si les mesures alternatives à l’emprisonnement ont également augmenté en parallèle.

Il ressort du rapport que les conditions de détention ont continué à se dégrader depuis 2006 : le nombre d’agressions et de suicides a augmenté notamment en raison de la surpopulation carcérale (il est prévu un déficit de 11 500 places pour 2012) et les conditions de vie au quotidien ne sont pas satisfaisantes (pour l’accès aux soins, la cantine, la mise à disposition des téléviseurs et l’hygiène).

La Cour constate que les deux régimes de gestion (entièrement publique et mixte, privée-publique) fonctionnent bien mais imposent d’être très vigilant sur les risques d’une prison à deux vitesses.

L’efficacité de la politique de prévention de la récidive est examinée mais il manque actuellement un réel outil d’évaluation. Les SPIP qui sont malheureusement mal répartis sur le territoire vont se révéler essentiels dans la mise en place de la nouvelle politique pénitentiaire et ils auront besoin d’une véritable formation en criminologie sur les facteurs de récidive. Aujourd’hui, chaque agent SPIP gère en moyenne 85 détenus et faute de moyens, les sorties sèches sans accompagnement du détenu restent majoritaires ce qui va à l’encontre d’une réelle volonté de prévention de la récidive.

La conclusion de la Cour est que, pour l’heure, l’administration pénitentiaire n’a pas besoin de plus de moyens financiers mais d’une gestion plus efficace en contiuité des efforts engagés en ce sens depuis déjà quelques années. Elle formule 28 recommandations dont 16 sont prioritaires  pour améliorer les conditions de vie en prison et donner une réelle chance à la réinsertion.

  1. lucdaniel
    21/07/2010 à 16:07 | #1

    D’un point de vue plus médical, le nombre de détenus considérés comme manifestement ou gravement malade est alarmant. Selon une étude de l’INSERM de 2006, il est de 35 %.
    L’évolution de la moyenne d’âge des détenus pose également un problème dans la gestion de la dépendance. On compte 3,7 % de plus 60 ans en 2009, contre seulement 2 en 1997.
    Cela confirme la conclusion de la Cour de Comptes sur une mauvaise gestion, plus qu’un manque de moyens… Ceci dit le manque de moyens reste très handicapant.
    Voir source Hospimedia : http://www.hospimedia.fr/actualite/articles/20100720_les_conditions_de_vie_des_detenus_sont_perfectibles_selon_la_cour_des_comptes

    • 21/07/2010 à 17:01 | #2

      Dans son rapport, la Cour des comptes aborde effectivement très précisément ce problème (pages 62 et suivantes). Au niveau santé, il y a également des problèmes générateurs d’insécurité en raison de la présence en prison d’un grand nombre de détenus qui ont besoin de soins psychiatriques. C’est la raison pour laquelle des UHSA sont en cours d’ouverture (la première unité a ouvert à Lyon-Vinatier il y a quelques semaines). Pour approfondir la question l’AJ pénal dans son numero de juillet-août propose un dossier sur le détenu malade (avec un article sur le contrôle de l’accès aux soins et un constat des lieux, un article sur les demandes d’aménagement de peine pour raison médicale, un article sur les nouvelles UHSA et un article sur les règles européennes en la matière).

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