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Suicide en prison : un vrai débat éthique

La chancellerie a récemment communiqué à propos de la baisse des suicides en prison pour l’année 2010 comparé à 2009 : pour 100 suicides en 2009 à la même époque, cette année 87 suicides ont été enregistrés.

La Chancellerie explique ce recul en évoquant les mesures de prévention du suicide en détention mises en place par le ministère. Si l’on peut se féliciter de ces chiffres qui ramèneront peut-être la France à un meilleur rang en la matière que ses voisins européens (V. le Bulletin mensuel d’information de l’Institut national d’études démographiques, n° 462 de déc. 2009) et si, comme la Chancellerie, on peut attribuer cette diminution au plan d’actions mis en place en 2009 par le garde des Sceaux, certaines questions ethiques restent en suspens.

Ainsi, le docteur Anne Henry, Psychiatre responsable du service médico-psychologique régional (SMPR) de Rennes souligne les difficultés éthiques et déontologiques auxquelles elle se trouve confrontée dans le cadre de l’application de ces mesures de prévention.

À la lire, la particulariré de l’appréhension du suicide en mileu carcéral conduit à la situation paradoxale de la mise en oeuvre de mesures qui peuvent être très mal vécues tant par le personnel soignant (qui se trouve en porte à faux quant à la portée du secret médical notamment) que par les détenus eux-même (qui peuvent, entre autres, se trouver sous surveillance permanente ce qui peut avoir un caractère oppressant).

Cet article soulève un débat de société sur un sujet très sensible auquel les non praticiens n’auraient pas nécessairement pensé tant la prévention du suicide est une priorité pour tous.

L’article du docteur Henry et la réponse de la Direction des affaires pénitentiaires sont en accès libre jusqu’à dimanche soir sur le site Dalloz revues : n’hésitez pas à le lire et à réagir ici même !

  1. Dupouey-Delezay
    27/10/2010 à 01:31 | #1

    Si je comprends bien, on se demande ce qu’il est légitime de faire pour empêcher le suicide d’un prisonnier ? Evidemment, pour juger correctement, il faudrait la liste complète des mesures évoquées et problématiques.

    Pour ne parler que de celles qui sont mentionnées ici (par manque de temps pour faire des recherches plus poussées), il faut distinguer plusieurs choses. Que le secret médical connaisse des limites ne me choque pas : le tout est de bien définir ce qu’un médecin peut révéler, et à qui il peut le révéler. Etant bien entendu deux choses : 1/ certaines données ne peuvent être révélées à qui que ce soit et sous aucun prétexte, même la prévention du suicide ; 2/ si le secret médical est partiellement violé, la personne dépositaire de la connaissance du dossier doit être à son tour soumise

  2. 27/10/2010 à 08:19 | #2

    Non seulement les chiffres données par l’AP ne reflètent pas la réalité des morts suspectes en détention, mais aussi, qu’il y ait encore autant de suicide en détention est un échec patent de l’AP.

  3. 14/11/2010 à 21:11 | #3

    @DAVID
    C’est un échec pour tous, mais, de façon empirique, il est possible de cibler la population concernée…

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