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UFR de criminologie : pour ou contre ?

La création d’une section de criminologie au CNU fait l’objet de vifs débats dans le milieu universitaire.

Pour vous forger une opinion,

Voici la position des opposants à cette création :

Motion_AG_CPCNU_21_MARS_2012

La réponse de ceux qui y sont favorables :

Qui a peur de la criminologie ? (version anglaise sur le site de M. Herzog-Evans).

Voici la position de l’Association fançaise de criminologie (AFC) :

Où sont les véritables enjeux de la criminologie ? Libération, le 5 avril 2012

ET, vous, quelle est votre opinion ?

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  1. Caroline
    05/04/2012 à 10:14 | #1

    Le sujet a été débattu sur France culture dans l’émission du Grain à moudre mardi dernier, voici le lien vers le podcast :
    La criminologie a-t-elle toute sa place à l’Université ?
    http://www.franceculture.fr/player

  2. jean danet
    05/04/2012 à 14:27 | #2

    L’article de Martine Herzog-Evans comporte des assertions qui appellent de ma part au moins une réponse. Une seule, car pour le reste, sur le fond, j’ai choisi depuis longtemps pour des raisons qu’il serait trop long d’expliquer ici de ne plus intervenir personnellement ni dans le débat sur la criminologie ni dans les polémiques annexes.
    Martine Herzog –Evans fait à notre équipe de pénalistes nantais un sort à part. Notre collègue nous reconnaît des qualités mais c’est sitôt après pour porter contre nous une suspicion enrobée de compassion. Pauvres chercheurs fragiles, arrivés là où nous en sommes avec bien des difficultés selon elle, certains d’entre nous ne s’associeraient aux protestations contre la création d’une section CNU de criminologie que par intérêt personnel. Par crainte de la concurrence à venir.
    Ce soupçon est pour le moins étrange de la part de quelqu’un qui nous connaît bien, nous et nos travaux. Martine Herzog-Evans sait bien que nos « concurrents » – si ce mot a vraiment un sens ici- sont déjà là, bien en place, installés bien avant nous. Ce sont des juristes, des politistes, des sociologues ; ils travaillent sur le droit positif, la politique criminelle, la sociologie du droit. Et nous entretenons avec eux, avec ceux du Cesdip qu’elle vilipende comme avec les autres, des relations cordiales. On ne voit donc pas bien pourquoi nous redouterions brusquement l’hypothétique concurrence qu’elle nous annonce.
    Martine Herzog-Evans s’est-elle trompé de soupçon alors ? Est-ce nos bonnes relations avec ces politistes et ces sociologues qui expliqueraient notre prise de position ? Est-ce notre réseau, nos amis installés que nous suivons?
    Le lecteur pourrait donc choisir, à sa guise, de disqualifier notre prise de position par un soupçon ou son contraire, la lutte pour leur survie de la part de pauvres isolés ou la gesticulation de gens manipulés par leurs puissants amis. Mais il pourrait aussi, à ce jeu, disqualifier la position de Martine Herzog-Evans et la soupçonner à son tour de servir un intérêt personnel. Il trouverait surement de quoi fonder un tel soupçon. C’est si facile puisque, comme dirait Martine Herzog-Evans, servir ses intérêts « c’est humain » !
    Non décidément cet usage du soupçon n’est pas acceptable, ni contre les uns, ni contre les autres dans un débat de ce type. Il consiste à expliquer une position opposée à la sienne par l’invocation d’un intérêt personnel masqué, afin de faire oublier- ou d’oublier soi-même – l’objet politique du désaccord qu’on a avec l’autre. Cet usage du soupçon est une esquive en forme de disqualification. Les pénalistes qui ont un brin de culture politico-judiciaire devraient être les premiers à le bannir. Ce procédé blesse, il est injuste et improductif en termes de débat. Quant à savoir ce qu’en définitive il disqualifie…
    J.Danet

  3. S. Ehrhold
    05/04/2012 à 19:20 | #3

    Nous autres étudiants (notre voix compte-t-elle ici bas?) soutenons de tout coeur Madame Herzog-Evans pour ses initiatives et la transmission généreuse de ses multiples recherches.

    Il est regrettable que les universitaires , pour la plupart d’entre eux, n’adoptent pas une démarche empirique qui, à l’instar de Madame Herzog-Evans, rendrait leurs travaux (lorsqu’il y a des travaux…) enfin utiles aux praticiens, mais leur permettrait aussi de s’ouvrir au monde qui les entoure, et par exemple d’entendre les demandes des étudiants qui doivent partir au Canada, en Belgique, en Angleterre (etc.), pour étudier sérieusement la criminologie.

    Il est donc bien question d’efficacité, de pragmatisme, et de générosité.

    Nous autres étudiants des universités françaises remercions donc Madame Herzog-Evans de se soucier de nous et de ne point flatter les personnes en quête de reconnaissance qui, quant à elles, nous oublient totalement.

    S. Ehrhold

  4. Gwenaëlle KOSKAS
    06/04/2012 à 14:12 | #4

    C’est bien beau tout ce débat théorique mais peut-être faudrait-il que les universitaires n’oublient pas qu’en droit, notamment, ils doivent fournir « la boîte à outils » nécessaires aux praticiens, même si la recherche fondamentale doit pouvoir garder toute sa place. Quiconque a déjà mis les pieds dans une salle de délibérés de Cour d’Assises, interroge des JAP, des Parquetiers et autres professionnels sait bien que l’on cherche à savoir quels sont les facteurs déterminants du passage à l’acte, ceux qui favorisent la récidive et ceux qui favorisent la désistance ou au contraire l’entravent. La JAP que je suis ne veut et ne peut plus être la « Madame Jourdain » dans ce domaine. Dans une société où le savoir-faire des magistrats et des JAP en particulier est sans cesse remis en cause, devant pouvoir répondre aux interrogations – légitimes – de nos concitoyens, au nom desquels nous rendons la Justice, il nous faut une formation universitaire et des chercheurs pour que nous puissions accomplir notre mission au mieux avec les fondements scientifiques adéquats. Le plus vite sera le mieux.

  5. S. Ehrhold
    06/04/2012 à 23:26 | #5

    j’ai une camarade, étudiante comme moi en 3ème année de droit, qui part l’année prochaine étudier la criminologie au Canada. Elle ne se sent aucunement l’âme d’une juriste et a fait « son Droit » contrainte et forcée. La perspective de vivre la déconnexion avec le Droit l’année prochaine lui donne l’impression de se débarrasser d’un boulet. Non par mépris pour le droit, mais par intérêt pour autre chose.

    Question : à l’inverse, combien d’étudiants étrangers viennent en France apprendre la criminologie ?
    Nous sommes très impatients d’entendre « la définition » de l’étudiant en criminologie selon Monsieur Conte. Nous attendons d’ailleurs avec la même impatience sa création de l’UFR « Définition ».

    Sophie Ehrhold

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