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La criminalistique passionnante et efficiente

Quelles demandes d’actes peuvent être réalisées ? Comment détecter des erreurs possiblement commises par les services d’enquête à partir du dossier de procédure ? Comment contester des preuves sur le fondement de la littérature scientifique internationale ou des normes ISO 17020 et 17025 de l’ENFSI (Organisme compétent en Europe en matière de doctrine et de bonnes pratiques criminalistiques) ? Quels dossiers d’expertise remettre en cause ?

Et bien d’autres questions qui intéressent les pénalistes ont été abordées au cours d’une journée de formation professionnelle en criminalistique qui s’est déroulée le 8 avril à Paris.

Le cycle compte quatre modules d’une journée chacun, portant respectivement sur :

  • la gestion moderne de la scène d’infraction (Attention, ne surtout plus dire ou écrire « scène de crime » !),
  • comprendre et utiliser un dossier d’expertise au pénal,
  • la balistique et la médecine légale,
  • les empreintes digitales et génétiques.

Alléchant pour tout pénaliste. Et dans les faits ? Passionnant et efficient.

Passionnant en effet car le formateur – ancien capitaine de gendarmerie et directeur de la division de l’enseignement criminalistique du Centre national de Formation de Police Judiciaire – fait, sur fond de photos de faits divers et de grandes affaires (qui nous ravissent toujours quoiqu’on en dise) un point très précis des connaissances et perspectives de la matière, tant sur le plan scientifique que sur celui du droit. Sont ainsi présentées :

– la méthodologie de la gestion moderne de la scène d’infraction (process, démarche qualité, référentiels existants, documents exigibles),

– les normes et protocoles nationaux et internationaux (pour ces derniers en grande partie non respectés en France ce qui complique fortement l’échange de données avec nos voisins européens ou nord-américains bien plus avancés en ces matières),

– les dernières technologies développées (Scan 3D, radars et géo-radars, portraits robots à partir d’ADN, drones et – réellement stupéfiant !  – marquage synthétique d’ADN),

–  et la relativité des concepts traditionnels de police technique et scientifique (la fameuse théorie des douze points pour les traces digitales incomplètes ou difficiles est aujourd’hui totalement remise en cause, et la plupart des analyses génétiques effectuées il y a quelques années ne seraient en effet plus bonnes… qu’à être refaites).

Efficiente aussi, car le formateur s’applique à souligner tout ce qui peut se révéler exploitable pour l’avocat pénaliste saisi d’une affaire dans laquelle les expertises peuvent être déterminantes pour le sort de son client.

Bref, une très belle journée pour un pénaliste !

Maud Léna

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